Communauté
Humagora
Science-fiction et handicaps
Ce colloque, co-organisé par l'UMR Litt&Arts et l'association Stella Incognita, abordera la thématique des handicaps dans la science-fiction, qui touche toutes les aires culturelles, ne cesse de s’enrichir et de s’approfondir, au travers d'œuvres souvent primées, ce qui souligne la qualité du traitement artistique autant que sa signification humaine.
Si on s’en tient à une représentation très superficielle, la science-fiction est associée à des humains idéalisés et à des techniques futuristes. La réalité de la science-fiction est tout autre. La question des capacités est souvent au cœur de ses thématiques, et elle met en avant autant les points faibles que les points forts des personnages. Elle n’hésite pas à évoquer des histoires de vies compliquées et des techniques complexes aux retentissements tantôt négatifs, tantôt positifs. La question des handicaps y est de ce fait massivement présente, de Luke Skywalker avec sa main prothétique, à Daniel Keyes qui, dans des Fleurs pour Algernon explore tout le spectre allant du déficit mental au génie.
La notion de handicap est elle-même vaste et plurielle. La loi française le définit ainsi : « Constitue un Handicap, toute limitation d'activité ou restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison d’une altération substantielle, durable ou définitive d’une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, d'un polyhandicap ou d'un trouble de santé invalidant. » De fait, une partie importante de la population a un vécu de la situation de handicap. De même, la science-fiction joue autant sur la sous-capacité que sur la sur-capacité, les deux lui servant à ouvrir des horizons d’humanité très variés, où le travail d’identification peut s’exercer à plein.
Physiques ou mentaux, sensoriels ou moteurs, permanents ou temporaires, visibles ou invisibles, les handicaps apportent une palette infinie de situations humaines qui sollicite l’imaginaire. Le personnage principal éprouvant une situation ou un vécu à assumer ou à dépasser constitue un motif classique, de même que la créativité technique pour y remédier et ses défaillances. Au lieu de figures lisses et parfaites, la science-fiction aime explorer les points faibles, les failles et les effets d’étrangeté. Depuis le Talon d’Achille mythologique jusqu’à la kryptonite incapacitant Superman, voir comment l’on triomphe des épreuves crée un ressort romanesque puissant. Cela donne lieu à toute une exploration des différences et des rapprochements, des désocialisations et des nouvelles relations, des stigmatisations et des héroïsations.
Dans le cadre du colloque, une performance artistique sera proposée le jeudi 3 avril, de 13h35 à 14h20, en salle Jacques Cartier (MLC) :
« Bad trip à Mertvecgorod », musique de Mauricio Amarante / texte, lecture, vidéo de Christophe Siébert.
► LIEU
Salle Jacques Cartier, Maison des Langues et des Cultures, Domaine universitaire de Saint-Martin-d'Hères
De 09:00 à 16:30